La frustration

La frustration

Place, amour, accomplissement de soi

Le thème de la frustration est intéressant à traiter car il reflète un questionnement général, que j’ai pu facilement constater que ce soit dans la vie de tous les jours, en consultation ou dans les séminaires que j’anime.

Aujourd’hui, je vous propose donc d’aborder ce thème pour le lire de façon bioanalogique.

Qu’est-ce que la frustration ?

Même si elle est considérée par certains1 comme une « pseudo » émotion, à mon sens, ce n’est pas une émotion.

Tout d’abord, rappelons que la Bioanalogie s’appuie sur l’hypothèse que tout est analogique à la première loi de l’univers qui une rencontre entre le temps et l’espace, et que la vie se lit en trois plans, ni reliés ni séparés, appartenant à une seule et même réalité. Cette loi se déployant de façon holographique depuis l’origine de notre univers.

Suivant cette lecture, le mouvement est lié au présent, à la vie qui est une action permanente et le constat, lié au plan de l’espace, fait référence au passé : ce que nous constatons est passé et ne peut être changé.

Ainsi, une émotion – « expérience complexe de réaction à un stimulus externe, environnemental ou psychologique » – est un mouvement comme en témoigne son nom, issu du latin motio : « action de mouvoir ».
Tandis que la frustration est un état mental d’insatisfaction par rapport à ce que l’on pense qu’on aurait dû avoir ou vivre, associé au sentiment de n’avoir pu réaliser un désir.

En résumé, l’émotion en tant que mouvement fait référence à la rencontre, à l’action alors que la frustration est un constat.

Cette information est importante dans la mesure où elle nous permet de comprendre que rester fixé sur une frustration revient à être « agrippé » au passé, sans mouvement, en un mot sans vie.

Cela peut également nous fournir des outils précis pour guérir puisque la frustration n’est pas issue d’un rapport de cause à effet : elle appartient aux trois plans d’une seule et même réalité dans le même instant.

Nous savons qu’en Bioanalogie chacun de ces plans s’exprime également sur trois plans. En effet, à chaque plan, on a un positionnement (temps), une action (rencontre) et un constat (espace).

Ainsi, comme on va le voir, la frustration – plan du constat – peut être exprimée sur trois plans :

– en lien avec la place
– en lien avec l’amour
– en lien avec l’accomplissement

 

Frustration liée à la place

Pour la personne concernée par cette frustration, les choses ne sont pas fluides, elle ne se sent pas à sa place. Ses relations sont difficiles, elle se sent coupée des autres et n’a donc pas de véritable communication avec l’extérieur.

Ce constat est dépendant de sa façon de se situer : elle ne se respecte pas dans son intégrité et cherche une reconnaissance extérieure.

Ce qui, dans le même temps, l’amène à réagir en s’enfermant dans une attente un peu routinière.

Elle n’est pas à l’écoute des surprises de la vie.

 

Frustration liée à l’amour

La personne concernée ne sent pas de bienveillance de la part des autres, et n’en a pas pour elle-même. Elle manque d’amour, d’amis et n’aime pas vraiment sa vie qu’elle ne trouve pas « bonne » pour elle.

Ce constat est dépendant de sa façon de se situer : elle est dans un monde idéal et n’écoute pas sa propre vérité. Elle veut ce qu’elle n’a pas.

Ce qui, dans le même temps, l’amène à réagir en s’enfermant dans des contraintes, dans lesquelles elle s’éteint plus ou moins.

Elle n’expérimente pas la vie.

 

Frustration liée à l’accomplissement

La personne concernée a un sentiment de non accomplissement car pour elle « tout est manque », dans tous les domaines. Elle est ancrée dans une lutte revendicative de ce qu’elle « aurait dû avoir », ou dans la rancune par rapport à quelque chose ou quelqu’un.

Ce constat est dépendant de sa façon de se situer : elle vit dans la revendication permanente et, soit victime, soit sauveur, soit coupable, elle attribue son insatisfaction à un – ou plusieurs facteurs – qu’elle considère comme « hors de son contrôle ».

Ce qui, dans le même temps, l’amène à réagir en étant dans la justification et/ou le contrôle pour rétablir « l’injustice ».

Elle ne vit pas sa propre puissance et n’est pas dans la présence à soi.

 

En résumé, la frustration n’est pas provoquée par quelque chose d’extérieur : elle est le constat de notre façon de nous situer et d’agir.

En reconnaissant la nature de cette frustration, nous pouvons en guérir en accédant au sens du Principe universel propre à la Bioanalogie.

 

Trois Principes universels :

  • Notre place n’est pas un lieu, mais le constat de l’expérimentation de se laisser surprendre, en se situant dans le respect de soi, sans attente.
  • L’amour n’est pas un « objet » qui se donne ou qui se reçoit, mais le constat issu d’une façon de s’accueillir en vivant intensément, sans réserve, dans la reconnaissance de ce qui est vrai pour soi.
  • L’accomplissement de soi n’est pas action mais le constat d’être dans un état de pardon, d’acceptation et de lâcher-prise.

Tout cela est une véritable remise en questions des fondements même de notre éducation et de notre culture. En effet, aussi « choquant » que cela puisse paraître, nous n’avons pas à pardonner, à accepter ou à lâcher prise ; nous n’avons pas à donner de l’amour, ni à vouloir en recevoir ; pas plus que nous n’avons à chercher notre place à l’extérieur de nous.

Le jour où nous choisissons :

De nous situer dans le respect de nous-même, sans recherche de reconnaissance ou de validation extérieure, et où nous vivons dans une découverte permanente de la vie, nous sommes le constat de notre place.

De nous situer dans la réalité telle qu’elle est, en vivant intensément notre vie, sans réserve, nous sommes le constat de l’amour sans objet.

De nous situer en responsable de notre vie, nous expérimentons l’ouverture à tous les possibles, nous sommes le constat de l’accomplissement de soi.

En conclusion, guérir de la frustration implique, d’abord et avant tout, de prendre la responsabilité de sa vie.

1La puissance des émotions, Michelle Larivey, 2002, Éditions de l’Homme.

 

La chronique de la Loi du Principe

L’art de lire les signes de la vie par Jean-Philippe Brébion

Paru dans Néosanté, septembre 2016, numéro 59

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