Œdipe présidentiel

Œdipe « présidentiel » 

Après les résultats du premier tour des élections présidentielles, une réflexion publiée sur les réseaux
sociaux a eu un large succès: « En France, deuxième tour très œdipien entre celle qui a tué son père et celui qui couche avec sa mère. »

 

Rassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir de politique dans cet article. Il n’est pas question non plus d’une réflexion sur la vie privée des prétendants au poste suprême ! Il n’en reste pas moins que cette boutade m’a interpellé dans la mesure où elle fait resurgir le mythe d’Œdipe ancré dans notre inconscient collectif. En effet, le drame d’Œdipe immortalisé par la tragédie de Sophocle « Œdipe roi »1 est un des piliers de la psychanalyse freudienne.

 

Un bref rappel de son histoire :

Devenu roi de Thèbes, Œdipe enquête sur la cause de l’épidémie de peste qui ravage le pays, rendant stériles hommes et animaux. Il rencontre Tirésias, un devin, qui lui révèle alors que c’est lui le coupable parce que, sans le savoir, il a tué son père et épousé sa mère. Horrifié par la révélation du parricide et de l’inceste commis, Œdipe se crève les yeux.

Par transposition analogique, Freud2 a inventé le concept psychanalytique du « complexe d’Œdipe » selon lequel un enfant, lorsqu’il s’éveille aux premières pulsions sexuelles, développe un fort attachement pour son parent de sexe opposé. Il éprouverait alors le désir inconscient d’entretenir une relation sexuelle avec ce parent comme celui d’éliminer le parent du même sexe qu’il ressent comme un rival.

Toujours selon Freud cette période serait déterminante pour la structuration de la personnalité de l’individu en contribuant à un mécanisme d’identification, par assimilation d’un trait ou d’un attribut. Pour la même raison, elle serait également à l’origine d’un bon nombre de ses « problématiques ».

La psychanalyse – comme la psychologie, la sociologie, etc. – considèrent le fonctionnement de l’inconscient psychique comme se construisant à partir d’une expérimentation de la vie avec des paramètres de dualité et de causalité liées respectivement à l’espace et au temps.

En ce qui concerne la Bioanalogie, nous nous concentrons sur ce que j’ai nommé l’Inconscient universel.

Rappelons que la Bioanalogie s’appuie sur l’hypothèse que tout est analogique avec la première loi de notre univers. Cette première loi se manifeste avec le Big-Bang où temps et espace forment un « continuum » de trois plans, ni reliés ni séparés et appartenant à une seule et même réalité. Elle se déploie de façon holographique et fractale depuis l’origine de notre univers et constitue l’Inconscient universel qui préexiste à toute manifestation et sans lequel il n’y a pas de manifestation.

 

Cet inconscient universel n’est pas soumis aux notions d’espace-temps et n’est pas issu de l’expérimentation. Il ne se comprend pas, il ne s’explique pas. Il EST.

 

Dans cette revue, j’ai développé différents articles sur le nouveau paradigme de la réalisation de soi dans lesquels j’affirme qu’elle est accessible uniquement par l’expérimentation.

 

 

 

Concrètement, cela implique de considérer la vie comme un Présent permanent. Autrement dit, de vivre notre vie quotidienne dans l’expérimentation permanente (rencontre/continuum) de se situer, se reconnaître (temps / Energie-Père) par rapport à un constat (espace /Energie-Mère). En bref, vivre c’est être en même temps l’observateur et l’expérimentateur de notre propre expérience. Et c’est cette expérimentation qui signe l’ère de la Conscience.

 

 

Tout ceci signifie que la vie est une expérimentation de non identification.

 

Or, la plupart du temps, nous survivons en restant identifiés à un fait, un événement ou une personne. Nous cherchons à attirer la « cause de notre bonheur » ou à repousser « celle de notre malheur », ce qui signifie que nous interprétons l’extérieur comme étant différent de nous et responsable de notre bien-être. Autrement dit, nous nous identifions à l’extérieur puisque nous existons par rapport à lui. Et de cette façon, nous entretenons les notions de temps et d’espace.

 

Revenons au mythe d’Œdipe pour en trouver le Principe universel.

 

  • Tuer le père (temps /extérieur /ciel) : selon la loi du Principe, il s’agit de cesser de chercher une validation ou une identification à l’extérieur de nous, en intégrant que ce qui nous touche est nous-même.

Il n’y a rien d’autre que nous-même, chacun de nous est un Univers unique.3

 

  • Coucher avec la mère (espace /intérieur /terre) : selon la loi du Principe, il s’agit d’adhérer à la réalité telle qu’elle est, sans vouloir un autre constat que ce qui est.

La seule et unique condition dans laquelle nous pouvons être en paix est d’être dans la certitude absolue que tout est accompli et donc de ne plus être dans l’illusion du manque. Pour cela, il nous faut cesser de concevoir autre chose que ce qui est, c’est-à-dire être sans aucun jugement sur le constat de notre réalité.

 

  • Œdipe se crève les yeux : selon la loi du Principe, être aveugle se relie à ne pas chercher de repère à l’extérieur. Il n’y a plus de lumière à aller y chercher car toute la lumière enfermée dans la matière est révélée : tout est accompli.

 

Ainsi, l’ère de la Conscience se traduit par la disparition des notions de temps et d’espace. Ce n’est pas accessible par notre mental, cela ne se comprend pas, cela ne s’explique pas.

Mais il est clair que dans cette nouvelle ère chacun de nous est invité à « voter » pour l’expérimentation de la Présence, en vivant l’unique qu’il est !

 

Il nous appartient uniquement de répondre à tout ce qui nous touche dans la certitude absolue que cela parle de nous et est au service de la conscience.

 

1 Les chercheurs estiment généralement que la tragédie Œdipe roi de Sophocle a été composée et représentée pour la première fois entre 430 et 420 av. J.-C

Ce concept inventé par Sigmund Freud est exposé pour la première fois au public dans L’Interprétation des rêves, un essai paru en 1900.

 

La chronique de la Loi du Principe

L’art de lire les signes de la vie par Jean-Philippe Brébion

Paru dans Néosanté, juillet 2017, numéro 69

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