De la colère à la révolte

Un guide gratuit pour décoder le sens caché de ces 35 évènements de la vie quotidienne et retrouver une paix intérieure

Le terme colère vient du grec χολή signifiant la bile, la vésicule biliaire, le courroux.


Il s’agit d’une émotion qui, à l’instar de la bile produite par le foie et stockée dans la vésicule biliaire, brûle et irrite. D’où le terme ire, synonyme de colère en vieux français.


Voici un petit exemple concret pour appréhender la colère :


Un jour, une personne est arrivée en colère vis-à-vis d’un membre du groupe parce que celui-ci a pris la place de parking où elle s’apprêtait à garer sa voiture. Elle éprouvait vivement cette émotion, ce qui montrait combien elle était touchée par cet évènement qui pour d’autres aurait pu sembler anodin. Nous avons parlé de ce qui la perturbait et avons compris que dans le ressenti de son histoire personnelle, elle « passait toujours en second » et « qu’on lui prenait toujours « sa » place ».
Et c’est bien cela qui la faisait réagir !


Le jeune homme en cause ne s’était même pas rendu compte de l’évènement, il n’avait tout simplement pas fait attention. L’acte n’était donc pas délibérément « tourné contre elle ». Pourtant, elle le prenait comme tel et, bien qu’elle ait fait le lien avec son enfance, sa colère ne s’apaisait pas.

 

Qu’est-ce que la colère ?


En fait, nous sommes en colère lorsque nous réagissons en identifiant la cause de notre malheur à l’extérieur de nous-même. En luttant ainsi contre un élément en dehors de nous, nous utilisons toute notre énergie à autre chose qu’à être nous-même.


Identifier une cause à la souffrance revient à rester dans le fonctionnement de l’animal. En effet, celui-ci interprète tout évènement en termes de oui/non, positif / négatif en lien avec la survie de l’espèce.


Ainsi toute lutte contre Untel ou Unetelle, ou contre une institution, un système, voire le monde entier, signifie que l’on ne prend pas la « nourriture » qui nous convient, puisque l’on s’identifie.


Tant que l’on est identifié, on demeure dans la colère, une énergie dévoyée puisqu’elle n’est pas utilisée à être soi.


Et en demeurant dans cette logique binaire et duelle, dans ce manichéisme, nous ne sommes pas dans notre véritable dimension humaine.


Depuis toujours, la colère a été le moteur de nombreuses insurrections et révolutions que, dans le langage courant, nous nommons souvent, mais à tort, révoltes.

 

Qu’est-ce que la révolte ?


L’homme est fait pour la conscience, seule cette dernière est vie – et non survie – et elle n’est ni duelle ni causale.


Tout ce qui nous touche n’est autre que nous-même et nous nous devons de transformer toute notre énergie, en nous-même. C’est-à-dire que toute action doit être au service de notre réalisation.

 


Voici une histoire toute simple pour illustrer – analogiquement – mon propos :


Lorsqu’un magicien fait sortir un lapin de son chapeau, tout le monde applaudit. Or, la véritable magie a lieu au moment où le lapin retourne dans sa cage et qu’il y trouve une carotte, qu’il transforme en … lapin !


Et, très sérieusement, c’est exactement ce que chacun de nous a à faire : se « nourrir » – rencontrer les évènements – et agir en transformant cette rencontre en soi-même.


En d’autres termes, la conscience c’est se vivre en un univers unique, en cessant de se sentir séparé du monde extérieur.

 


Comme nous l’avons vu précédemment, la colère est une mobilisation de toute l’énergie pour lutter contre l’extérieur.

 


Gardons le Principe de la mobilisation de toute notre énergie et mettons-la au service de l’être unique que nous sommes.

 


Il s’agit alors d’une véritable révolte, dont l’étymologie est du latin revolvere ,dérouler en arrière, c’est-à-dire de ramener à soi.


Le Principe de la colère est donc celui de la révolte, au sens premier du terme, qui est rencontrer le monde extérieur et faire une volte complète en le ramenant à soi.


Autrement dit, rencontrer le monde extérieur – ce qui nous touche – et faire une volte – dans le sens de ramener à soi – en cessant de s’identifier au monde extérieur. C’est-à-dire reconnaître ce qui nous touche et ne pas rester fixé/figé sur l’objet ou le sujet (supposé) de notre colère.


Dans le cas de la personne du séminaire, il s’agit d’abord pour elle de reconnaître son état de colère. Et de choisir de ne pas vouloir un autre évènement que celui qui est, en cessant de mettre la cause de sa colère à l’extérieur.


Enfin, elle peut regarder le Principe de l’évènement en le constatant sans interprétation.


Ce qui l’amène à intégrer que sa place n’est pas une place de parking, pas plus qu’un rôle ou une fonction. Elle n’a pas à s’identifier à un objet extérieur/ une place.


Sa « place » n’est pas un lieu mais ce qu’elle est, en mettant toute son énergie au service de sa réalisation.


Ainsi, elle ne laisse plus la cause de sa souffrance à l’extérieur d’elle : c’est une révolte.


Passer de notre dualité à notre humanité nécessite de passer par la rencontre. Tant que nous sommes dans le devoir, le vouloir ou le savoir nous demeurons dans notre illusion du pouvoir.

 


Laissons, la vie prendre sens en nous !

 


Alors, seulement, en assumant la responsabilité de notre vie, ça accepte en nous, ça pardonne, ça lâche prise. (Ce n’est pas « moi » qui pardonne, c’est au-delà de « moi ». Ce n’est plus « moi »… et ce n’est plus mon problème !)

 

L’homme révolté est un homme libre et en paix.

 

La chronique de la Loi du Principe

L’art de lire les signes de la vie par Jean-Philippe Brébion

Paru dans Néosanté, juillet/août 2018, numéro 80

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