La Vie est non identification… en Principe !

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Aujourd’hui mon propos sur la Loi du Principe1 – qui est la structure du concept de la Bioanalogie – porte sur son application dans le processus de non-identification en reformulant plus concrètement ce que cela implique.

Issu d’une famille très catholique dans laquelle la vie m’était présentée comme un choix entre le chemin du « paradis » et celui de « l’enfer » sans autre alternative, j’ai constaté très jeune le fait que l’humain fonctionnait dans la dualité. Et je n’arrivais pas à concevoir un Dieu qui, dans « son amour infini », « sauverait » certains humains et d’autres pas. Ces interrogations précoces ont forgé la base de toute ma vie et m’ont m’amené au concept de la Bioanalogie, hors toute causalité et toute dualité.

Petit point de clarification :

Considérons un courant d’air : nous savons qu’il s’agit d’un mouvement entre une masse d’air chaud et une masse d’air froid. Mais « le chaud » n’a aucune existence propre s’il n’est pas en relation avec « le froid ». Et réciproquement.
En bref, ces deux éléments n’ont aucune existence propre. Ainsi, un courant d’air est un mouvement entre deux éléments qui n’ont aucune réalité propre, autrement dit aucune identité propre.

 

Et c’est bien ce que nous dit la physique quantique lorsqu’elle affirme que rien n’existe en tant qu’objet unique, seule existe une relation entre les objets.

 

Mais ignorant ce constat, nous continuons de faire référence à notre mental en faisant exister un chaud et un froid. De même que « le bien » et « le mal » de notre éducation judéo chrétienne.

C’est de cette façon que fonctionne l’animal qui identifie la vie à travers un objet extérieur à lui : l’espèce. Il se doit de la faire exister dans le temps et dans l’espace en la faisant perdurer concrètement dans le futur. Mettant ainsi la vie à l’extérieur de lui, l’animal est capable de se sacrifier pour la survie de son espèce.

 

Le plus souvent, en tant qu’humains, nous survivons comme l’animal en nous attachant à assurer les trois paramètres de la survie : Descendance, Alimentation et Territoire. En cherchant, par exemple, une validation ou une reconnaissance extérieure (Descendance), en nous accrochant à une idée ou à une relation que nous considérons en termes de manque (Alimentation) ou encore, en protégeant un rôle ou un objet auquel nous nous identifions (Territoire).

Les sciences humaines telles que la psychologie ou la sociologie ont permis à l’homme de s’individualiser et de reconnaître son fonctionnement duel. Elles ont également révélé les stratégies de comportement qui nous ont permis de survivre jusqu’à maintenant. Cette observation de nous-même nous a donc permis de nous identifier, en prenant conscience de notre façon de considérer le monde en deux parties bien distinctes : « Moi et l’extérieur » ou « Moi et l’autre ».

A mon sens, cette observation de nous-même fait écho  aux propos du physicien Heinz Pagels : « L’électron ne semble exister en tant qu’objet réel que lorsque nous l’observons ! (…) La réalité quantique est rationnelle, mais elle n’est pas visualisable ».

 

Pour compléter cette dernière phrase, on pourrait ajouter : « La réalité quantique est relationnelle, elle n’est pas saisissable.

 

Sachant que la vie est relation, dès que l’on fait exister un objet par lui seul, on est dans l’illusion de la dualité et non dans la relation, donc on n’est pas dans la vie.

Notre véritable dimension est celle de la conscience.

 

La physique quantique nous démontre ce que les sagesses traditionnelles
– comme l’Advaita Vedanta2 – nous ont enseigné : « une partie est la totalité, temps et espace ne sont qu’illusion, etc.

Et malgré cela nous continuons à survivre et à être en conflit en différenciant l’extérieur – l’autre ou l’événement – de nous-même. De même, si « je » m’observe, je m’identifie à un personnage qui met la vie en dehors de lui, puisque c’est le personnage que je crois être qui observe. Nous avons à sortir de l’identification en cessant de faire de ce personnage un objet identifiable.

 

En quoi la Loi du Principe peut-elle nous aider à sortir de toute identification ?

 

Prenons un exemple très concret :

Je ne trouve pas les clés de ma voiture alors que je dois aller à un rendez-vous important.

Tout d’abord, rappelons que cet évènement que je considère comme extérieur, ne l’est pas puisqu’il déclenche instantanément une tension et des modifications dans ma biologie. C’est déjà une preuve qu’il n’y a une relation entre Moi et le fait de ne pas avoir les clés de ma voiture !

Et c’est l’interprétation dans la dualité qui m’empêche de vivre cette relation. En effet, je veux un extérieur conforme à ce que veut le personnage que je crois être : « MOI ».

 

Or, l’évènement seul n’existe pas… pas plus que Moi !

Incarner cette évidence, c’est être la relation,neutre, libre de tout poids !

Et c’est la seule façon de ne plus survivre.

 

Revenons aux clés de voiture :

Dans la Loi du Principe, les clés représentent un outil pour accéder à la voiture qui est l’autonomie extérieure (personnage).

L’événement se lirait donc comme une invitation à vivre pleinement ce que je suis, en cessant de chercher une solution (clé ) à travers une autonomie extérieure.

Si je suis identifié, je réagis à l’évènement et je suis dans la survie en voulant « donner un sens » à ma vie. Or, la vie n’a pas de « sens », puisqu’elle est hors du temps et de l’espace.

Mais il est un sens – immatériel – qui se révèle dans l’expérimentation.

Pour conclure, être vivant, c’est s’inscrire dans la certitude que l’autre – ou l’évènement – n’est que nous-même.

 

Alors, cessons de souhaiter un monde extérieur identique à nous-même et accédons, consciemment, à la certitude d’être un univers unique.

 

 

1Énoncée dans L’Evidence Ed. Dauphin Blanc – Québec 2011
2L’Advaita Vedānta (sanskrit ; devanāgarī) est la forme la plus répandue de la philosophie du Vedānta. Advaita signifie littéralement « non deux » et se traduit le plus souvent par non-dualité. (Source Wikipédia)

 

 

La chronique de la Loi du Principe

L’art de lire les signes de la vie par Jean-Philippe Brébion

Paru dans Néosanté, janvier 2018, numéro 74

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2 réflexions sur “La Vie est non identification… en Principe !

  1. Jean-Philippe par rapport aux clés de la voiture : la compréhension est ?
    Je ne dois pas aller au RV
    Je trouve un autre moyen de transport…

    Merci de votre réponse
    Yvonne

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