
De l’émotionnel à l’affectif
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Jean-Philippe Brébion
- 17 juin 2019
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De l’émotionnel à l’affectif avec la loi du Principe
Le mot émotion est issu du latin emoveo, de moveo « mouvoir, agiter » et du préfixe e(x)- qui marque l’extériorisation. Ce qui signifie donc « mouvoir vers l’extérieur ». De fait, l’émotion fait référence à ce que l’on rejette ou à ce que l’on veut attirer de l’extérieur.
Le terme affect vient du latin afficio, issu de adficio, c’est-à-dire de facio « faire » et du préfixe ad– exprimant le « rapprochement » et signifiant « pourvoir, doter ». Il fait référence à ce que l’on « fait sien ».
En psychologie on nomme affect « une disposition affective élémentaire – par opposition à l’intellect – , que l’on peut décrire par l’observation du comportement, mais que l’on ne peut analyser ».
En Bioanalogie, il est essentiel de distinguer émotion et affect.
Distinguer émotion et affect en Bioanalogie
En effet, vivre dans l’émotionnel indique que nous mettons à l’extérieur l’évènement qui nous touche, soit dans le positif – « C’est grâce à lui, à elle, à ceci, à cela, etc., que je suis heureux » -, soit dans le négatif – « Il me fait peur, tout est de sa faute, le jour où elle ne sera plus là, j’irai mieux, etc. ».
L’émotionnel : une logique de survie
Dans tous les cas, croire que notre vie dépend de l’extérieur, c’est être dans l’émotionnel, et c’est donc être dans la survie.
Nous le savons désormais, tout ce qui nous touche fait référence à quelque chose que l’on reconnaît en nous. Peu importe la tonalité de l’évènement, que celui-ci nous « sauve » ou qu’il nous « frappe », dès lors qu’il nous arrive – réellement, dans l’imaginaire ou symboliquement –, et qu’il occupe notre pensée, il est porteur d’une information importante au service de notre évolution.
Seule la Conscience libère de la dualité
Et seule la Conscience peut nous libérer de l’interprétation duelle.
Une vie consciente consiste à « mettre en charge », ce qui signifie « affecter » à notre vie toute entière, le Principe sous-tendu à l’évènement qui nous touche. C’est un choix qui nous est proposé à chaque instant.
Choisir, une décision essentielle à chaque crise
Etymologiquement, le mot choix vient du grec krisis. De fait, une crise est, par essence, le moment où il faut faire un choix.
Au niveau politique ou financier, on sait que chacun est plus ou moins « affecté » par « LA » crise lorsqu’elle survient à l’échelle soit nationale soit mondiale.
Au niveau émotionnel, la crise se décline de multiples façons : crise de nerfs, crise de panique, crise de colère, crise de larmes ou de rire, crise de foie ! Donc elle nous touche tous, plus ou moins un jour ou l’autre.
Accueillir la crise sans entretenir la dualité
Ne pas entretenir la dualité signifie cesser de rejeter cette crise en abandonnant toute lutte contre elle, toute recherche pour en trouver les causes afin d’y remédier ; en cessant de culpabiliser parce qu’on en « profite » ou en arrêtant de se sentir victime de cette « fatalité ». En d’autres termes, ne pas entretenir la dualité, c’est choisir d’accueillir le Principe de cette crise.
En faisant ce choix, on ne la subit plus : on devient acteur de sa vie, donc responsable de celle-ci.
Devenir acteur : de l’émotionnel à l’affectif
Ainsi, « choisir de choisir » nous permet de passer de l’émotionnel à l’affectif.
« Choisir » d’intégrer le Principe d’un évènement qui nous touche, quel que soit celui-ci, aussi « condamnable » qu’il puisse être, est le plus beau présent – cadeau dans l’instant – que nous puissions nous faire.
Comprendre n’est pas intégrer
Cependant si prendre conscience – dans le sens de comprendre /saisir avec le mental – ce choix qui s’offre à nous à chaque instant est une étape nécessaire, elle n’est pas suffisante pour intégrer le Principe. En effet, comprendre nous permet juste de regarder de manière consciente notre fonctionnement duel.
Chacun de nous étant responsable de sa propre vie, on peut ensuite choisir de continuer de vivre les évènements qui nous touchent dans la dualité ou de les mettre en lumière.
Le ressenti : témoin de l’intégration
Le meilleur « témoin » de l’intégration en conscience de notre vie est notre ressenti, c’est à dire le constat intérieur.
Ainsi, ressentir les évènements de la vie de façon fluide et légère indique que le Principe de ce que l’on vit est vécu en conscience et que tout est à « sa place ». Au contraire, se sentir dans une existence de lourdeur, assailli par ses émotions, montre que l’on interprète les évènements extérieurs dans la dualité.
La Bioanalogie ne justifie pas, elle éclaire
Encore une fois, la Bioanalogie ne fait l’apologie d’aucun crime, d’aucun drame ou atrocité qui existent sur cette terre. Mais en réagissant à l’événement qui nous touche, nous nous maintenons dans la dualité. Nous laissons l’évènement en dehors de nous, nous nous installons dans le conflit tout en maintenant une relation conflictuelle avec d’autres évènements porteur du même Principe.
Intégrer le Principe au lieu de juger
Combien de colères, d’insurrections, de révolutions nous touchent ! Mais le plus souvent nous les vivons dans la dualité, car nous ne les affectons pas. Il ne s’agit pas d’accepter un évènement qui nous touche mais de passer de l’émotion à l’affect, c’est-à-dire d’intégrer le Principe qui lui est sous-tendu.
La proposition de la Bioanalogie est la révolte au sens étymologique du terme. En effet, issu du latin revolver, il signifie « dérouler, ramener, rouler en arrière ».
Il s’agit donc de « ramener à soi » afin de se reconnaître dans le Principe de l’évènement « extérieur » qui nous touche.
Affecter la révolte pour intégrer la Conscience
Nous avons toujours le choix de passer de l’émotionnel à l’affectif en affectant cette révolte à nous-même, et en intégrant le Principe de tout ce qui nous touche.
La chronique de la Loi du Principe
« L’art de lire les signes de la vie » par Jean-Philippe Brébion
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« Donner un sens à sa vie ! Plutôt que de vouloir donner un sens à sa vie, et si on laissait la vie prendre sens en nous ! »
Jean-Philippe Brébion, concepteur de la Bioanalogie.

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