
La Vie est non identification… en Principe !
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Jean-Philippe Brébion
- 6 novembre 2018
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La Vie est non identification
Aujourd’hui mon propos sur la Loi du Principe1 – qui est la structure du concept de la Bioanalogie – porte sur son application dans le processus de non-identification en reformulant plus concrètement ce que cela implique.
Issu d’une famille très catholique dans laquelle la vie m’était présentée comme un choix entre le chemin du « paradis » et celui de « l’enfer » sans autre alternative, j’ai constaté très jeune le fait que l’humain fonctionnait dans la dualité.
Et je n’arrivais pas à concevoir un Dieu qui, dans « son amour infini », « sauverait » certains humains et d’autres pas. Ces interrogations précoces ont forgé la base de toute ma vie et m’ont m’amené au concept de la Bioanalogie, hors toute causalité et toute dualité.
Dualité, illusion et courant d’air
Petit point de clarification :
Considérons un courant d’air : nous savons qu’il s’agit d’un mouvement entre une masse d’air chaud et une masse d’air froid. Mais « le chaud » n’a aucune existence propre s’il n’est pas en relation avec « le froid ». Et réciproquement.
En bref, ces deux éléments n’ont aucune existence propre. Ainsi, un courant d’air est un mouvement entre deux éléments qui n’ont aucune réalité propre, autrement dit aucune identité propre.
Et c’est bien ce que nous dit la physique quantique lorsqu’elle affirme que rien n’existe en tant qu’objet unique, seule existe une relation entre les objets.
L’illusion de l’identification au monde extérieur
Mais ignorant ce constat, nous continuons de faire référence à notre mental en faisant exister un chaud et un froid. De même que « le bien » et « le mal » de notre éducation judéo chrétienne.
C’est de cette façon que fonctionne l’animal qui identifie la vie à travers un objet extérieur à lui : l’espèce. Il se doit de la faire exister dans le temps et dans l’espace en la faisant perdurer concrètement dans le futur.
Mettant ainsi la vie à l’extérieur de lui, l’animal est capable de se sacrifier pour la survie de son espèce.
Les trois piliers de la survie humaine
Le plus souvent, en tant qu’humains, nous survivons comme l’animal en nous attachant à assurer les trois paramètres de la survie : Descendance, Alimentation et Territoire. En cherchant, par exemple, une validation ou une reconnaissance extérieure (Descendance), en nous accrochant à une idée ou à une relation que nous considérons en termes de manque (Alimentation) ou encore, en protégeant un rôle ou un objet auquel nous nous identifions (Territoire).
L’apport des sciences humaines : de l’identification à l’observation
Les sciences humaines telles que la psychologie ou la sociologie ont permis à l’homme de s’individualiser et de reconnaître son fonctionnement duel. Elles ont également révélé les stratégies de comportement qui nous ont permis de survivre jusqu’à maintenant. Cette observation de nous-même nous a donc permis de nous identifier, en prenant conscience de notre façon de considérer le monde en deux parties bien distinctes : « Moi et l’extérieur » ou « Moi et l’autre ».
A mon sens, cette observation de nous-même fait écho aux propos du physicien Heinz Pagels : « L’électron ne semble exister en tant qu’objet réel que lorsque nous l’observons ! (…) La réalité quantique est rationnelle, mais elle n’est pas visualisable ».
Pour compléter cette dernière phrase, on pourrait ajouter : « La réalité quantique est relationnelle, elle n’est pas saisissable.
Sachant que la vie est relation, dès que l’on fait exister un objet par lui seul, on est dans l’illusion de la dualité et non dans la relation, donc on n’est pas dans la vie.
Une vision quantique de la relation à la vie
Notre véritable dimension est celle de la conscience.
La physique quantique nous démontre ce que les sagesses traditionnelles
– comme l’Advaita Vedanta2 – nous ont enseigné : « une partie est la totalité, temps et espace ne sont qu’illusion, etc.
Et malgré cela nous continuons à survivre et à être en conflit en différenciant l’extérieur – l’autre ou l’événement – de nous-même. De même, si « je » m’observe, je m’identifie à un personnage qui met la vie en dehors de lui, puisque c’est le personnage que je crois être qui observe. Nous avons à sortir de l’identification en cessant de faire de ce personnage un objet identifiable.
Sortir de l’identification : exemple concret avec les clés
En quoi la Loi du Principe peut-elle nous aider à sortir de toute identification ?
Prenons un exemple très concret : Je ne trouve pas les clés de ma voiture alors que je dois aller à un rendez-vous important.
L’événement n’est pas extérieur : tout est relation
Tout d’abord, rappelons que cet évènement que je considère comme extérieur, ne l’est pas puisqu’il déclenche instantanément une tension et des modifications dans ma biologie. C’est déjà une preuve qu’il n’y a une relation entre Moi et le fait de ne pas avoir les clés de ma voiture !
Et c’est l’interprétation dans la dualité qui m’empêche de vivre cette relation. En effet, je veux un extérieur conforme à ce que veut le personnage que je crois être : « MOI ».
Or, l’évènement seul n’existe pas… pas plus que Moi !
Incarner cette évidence, c’est être la relation,neutre, libre de tout poids !
Et c’est la seule façon de ne plus survivre.
Que signifie la perte des clés selon la Loi du Principe ?
Revenons aux clés de voiture :
Dans la Loi du Principe, les clés représentent un outil pour accéder à la voiture qui est l’autonomie extérieure (personnage).
L’événement se lirait donc comme une invitation à vivre pleinement ce que je suis, en cessant de chercher une solution (clé ) à travers une autonomie extérieure.
Cesser de donner un sens à la vie pour simplement la vivre
Si je suis identifié, je réagis à l’évènement et je suis dans la survie en voulant « donner un sens » à ma vie. Or, la vie n’a pas de « sens », puisqu’elle est hors du temps et de l’espace.
Mais il est un sens – immatériel – qui se révèle dans l’expérimentation.
Conclusion : devenir relation pour incarner l’unité
Pour conclure, être vivant, c’est s’inscrire dans la certitude que l’autre – ou l’évènement – n’est que nous-même.
Alors, cessons de souhaiter un monde extérieur identique à nous-même et accédons, consciemment, à la certitude d’être un univers unique.
Pour aller plus loin
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1Énoncée dans L’Evidence Ed. Dauphin Blanc – Québec 2011
2L’Advaita Vedānta (sanskrit ; devanāgarī) est la forme la plus répandue de la philosophie du Vedānta. Advaita signifie littéralement « non deux » et se traduit le plus souvent par non-dualité. (Source Wikipédia)
La chronique de la Loi du Principe
« L’art de lire les signes de la vie » par Jean-Philippe Brébion
Un guide gratuit pour décoder le sens caché de ces 35 évènements de la vie quotidienne et retrouver une paix intérieure
« Donner un sens à sa vie ! Plutôt que de vouloir donner un sens à sa vie, et si on laissait la vie prendre sens en nous ! »
Jean-Philippe Brébion, concepteur de la Bioanalogie.

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