
Peur, la claustrophobie
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Jean-Philippe Brébion
- 1 février 2017
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La claustrophobie
Dans l’article précèdent qui traitait de la peur, j’ai développé l’idée que lorsque nous avons peur, c’est que, ce que nous sommes, rencontre inconsciemment l’extérieur et l’interprète en termes de survie, c’est-à-dire dans la dualité.
Puisque le propre de l’Homme est la Conscience – c’est-à-dire la Vie et non la survie -, nous avons à rencontrer en conscience ce que nous rencontrons inconsciemment.
Bien évidemment, nous peurs sont dues – sur un plan causal – à notre histoire personnelle, notre histoire familiale, autrement dit à notre inconscient personnel, familial et collectif.
Le fait d’accéder à cet inconscient et d’en retrouver l’origine va permettre pour certain un mieux être.
Thérapie classique
En effet, la thérapie classique va au minimum apprendre à contrôler ou à dépasser sa peur. Elle va permettre aussi par différents moyens d’investigation et / ou de régression de la faire disparaître en remontant à l’origine du traumatisme déclenchant. Et au mieux permettre la résilience si bien décrite par Boris Cyrulnik1.
Ce processus a fait ses preuves et il est très libérateur. Il permet non seulement de pouvoir revenir d’un état de stress post-traumatique mais aussi éventuellement d’en retirer des avantages.
Bioanalogie et Inconscient Universel
En Bioanalogie, nous ne nous préoccupons pas de l’inconscient tel que défini par la psychanalyse et la psychologie, c’est à dire d’un inconscient causal, qui c’est construit au fur et à mesure de la vie qu’il soit personnel, familial ou collectif.
C’est un autre plan, un autre inconscient qui nous intéresse, celui que j‘ai nommé l’Inconscient Universel, qui, lui, préexiste à toute manifestation. (Voir Néosanté N° 44 Avril 2015).
Une approche non causale de la peur
Il n’est pas causal.
Cette différenciation va être fondamentale sur la façon d’aborder nos peurs. En ce sens qu’avec l’inconscient universel et la loi du Principe, il ne s’agira pas uniquement de faire disparaître cette peur ou de la « résilier ». Il va s’agir ici de révéler en quoi cette peur « témoigne » pour le sujet d’une créativité non encore vécu en conscience.
En quoi cette peur est une invitation à vivre en conscience son intégralité, son entièreté, à rester intact, entier, intégral, et en plus à développer une richesse inconnue inscrite dans le Principe même de la peur.
Là est toute la différence, c’est la vision quantique de la Bioanalogie.
Claustrophobie : peur des espaces clos
Considérons une peur relativement courante : la claustrophobie.
Il s’agit d’une peur des espaces clos limités, confinés. Pour la personne atteinte de claustrophobie, les lieux publics, là où il y a trop de monde autour de soi, les ascenseurs ou les plafonds trop bas vont déclencher une peur, une anxiété, voir même une crise de panique.
Le Principe neutre appliqué à la claustrophobie
Si nous regardons le Principe neutre de cette peur, ce qui est déclenchant c’est d’être bloqué, enfermé, c’est d’avoir l’impression d’être emmuré dans un espace sans échappatoire. Autrement dit la situation d’enfermement met soudainement la personne en contact avec ses limites.
Nos limites sont bien sur notre enveloppe corporelle, mais aussi tous nos sens : le toucher, la vue, l’odorat, l’audition, le goût.
C’est donc comme si soudainement tous nos sens étaient en opposition avec le monde extérieur.
Crise de panique et mécanisme de survie
En d’autre termes la personne qui est dans une crise de claustrophobie se trouve enfermée dans un processus dans lequel elle est projetée dans une anticipation de l’avenir de quelque chose de dangereux (lié au temps) , elle veut immédiatement se dégager du moment qu’elle est en train de vivre ( lié à l’action) et elle veut être dans une autre situation que là ou elle est (lié à l’espace) .
Ce sont tous les paramètres de la survie, celle ou l’on met à l’extérieur la cause de notre bonheur ou de notre malheur.
Un fonctionnement de survie au quotidien
On constate qu’une personne qui souffre de claustrophobie est pour une part dans sa vie, sensiblement dans le fonctionnement que nous venons de décrire. Elle ne vit pas pleinement, car projeté dans un futur inquiet, accrocher au fruit de ses actions et voulant une autre réalité que ce qu’elle vit. Elle survit plus qu’elle ne vit.
La crise de panique étant la simple amplification du fonctionnement plus ou moins habituel de sa vie.
Liberté intérieure
En séminaire je pose souvent cette question aux participants :
– Quel est le seul moyen d’être libre en prison ?
La réponse que je donne est celle-ci :
– C’est de ne pas vouloir s’échapper. Et donc choisir d’expérimenter ce qui est, là où je suis, sans vouloir être ailleurs que là où je suis.
La vie est expérimentation
Régulièrement je cite Teilhard de Chardin lorsqu’il écrit : « La Vie est expérimentation »
En effet qu’est ce que veut dire expérimenter ?
- C’est une action permanente de choisir à chaque instant la réalité telle qu’elle est.
- C’est être en même temps l’observateur de sa propre expérience et l’expérience elle même.
L’invitation de la claustrophobie selon la Bioanalogie
Cette expérimentation met en jeu trois paramètres incontournables de la Bioanalogie : le temps, l ‘action et l’espace.
Elle traduit l’invitation de la claustrophobie qui est :
Avec le temps : cesser de se projeter dans le futur dans l’attente d’une autre réalité que celle qui est là. Ne pas avoir d’attente particulière, vivre une ouverture permanente à se laisser surprendre par le nouveau. Sortir de toute habitude, de toute tradition, de toute convention qui nous entretiendrait dans un passé sécurisant.
Avec l’action : vivre cette action sans vouloir être accroché au résultat de celle-ci, tout en laissant le sens de sa propre réalisation se révéler.
Avec l’espace : Incarner le « Tu ne tueras pas « de la tradition judéo-chrétienne dans le sens ou « Tu ne diras pas non à la réalité telle qu’elle est ».En sortant de tout jugement et en s’ouvrant à l’universalité de tous les possibles.
Une expérience humaine spirituelle
« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »
1 « Un merveilleux malheur » de Boris Cyrulnik, Editions Odile Jacob, 1999.
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Jean-Philippe Brébion, concepteur de la Bioanalogie.

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